Une victoire qui confirme la confiance

La victoire dans le Grand Prix cinq étoiles de Hong Kong n’était en rien le fruit d’un plan rigide établi à l’avance. Au contraire, ce n’est que la veille de l’épreuve que Bost a décidé d’engager sa jument dans le Grand Prix.

« Elle se sentait tellement bien la veille que j’ai décidé d’y aller », explique-t-il. « Ballerine du Vilpion a quinze ans, elle possède une immense expérience et surtout un cœur incroyable. »

La jument, issue des lignées de Baloubet du Rouet, allie énergie et métier. « Elle a beaucoup de puissance, beaucoup d’énergie, mais aussi un mental fantastique. Et c’est cela qui fait la différence à ce niveau. »

Que cette victoire ait eu lieu à Hong Kong la rend encore plus spéciale. « J’avais déjà gagné des épreuves ici, mais jamais le Grand Prix. C’était une première, et cela la rend d’autant plus particulière. »

Hong Kong versus l’Europe

Selon Bost, le sport à Hong Kong ne diffère pas fondamentalement de l’Europe, même si le plateau est plus restreint. « Nous étions 21 dans le Grand Prix, ce qui n’est pas beaucoup. Mais le niveau était très élevé. Tout le monde veut gagner. »

Dix couples ont réalisé un sans-faute, ce que Bost considère comme caractéristique du saut d’obstacles moderne. « Aujourd’hui, presque la moitié du plateau peut gagner un Grand Prix. Autrefois, c’était peut-être 25 %. Le niveau a énormément augmenté partout. »

Ce qui le motive encore

Après des décennies au sommet, une médaille d’or olympique et d’innombrables victoires en Grand Prix, la question demeure : qu’est-ce qui motive encore quelqu’un comme Bost aujourd’hui ? Sa réponse est simple. « La passion du cheval. C’est numéro un », dit-il. « J’aime former les chevaux, les accompagner du jeune talent jusqu’à ce niveau. Et tant que j’ai de bons chevaux, je reste motivé. »

Sa famille joue également un rôle important. « Ils ont la même motivation. Dans les jours difficiles, ils me poussent en avant. Cela aide beaucoup. »

Approcher des 61 ans ne signifie pas qu’il pense déjà à la retraite. « Cela dépend des chevaux. Tant que je me sens bien et que les chevaux sont bons, je continuerai. »

Un cavalier différent d’il y a vingt ans

Bost reconnaît que son approche a évolué au fil des années. « Avant, je voulais tout gagner, chaque épreuve. Aujourd’hui, je choisis plus consciemment. J’établis un plan pour le cheval. »

Ce calme et cette expérience se reflètent aussi dans le travail quotidien. « J’essaie toujours de garder mes chevaux heureux. Pas trop intensifs à la détente, seulement ce qui est nécessaire. Ils doivent prendre du plaisir à sauter. »

Selon Bost, les résultats viennent naturellement. « Je fais mon travail du mieux possible. Si je gagne, c’est formidable. Sinon, j’aurai quand même fait de mon mieux. »

Il ne se fixe plus d’objectifs rigides. « Peut-être Aix-la-Chapelle, peut-être une Coupe des Nations, mais seulement si tout se passe bien. Je trouve toujours les compétitions par équipes très belles. »

En parallèle de la compétition, la formation des jeunes chevaux et le coaching prennent de plus en plus d’importance. « J’aime travailler avec des cavaliers au niveau 1,40 m–1,45 m. J’aime transmettre mon expérience. »

Ses enfants sont eux aussi actifs dans le sport, ce qui renforce encore cet engagement. « Je peux les aider, les guider. Cela rend l’ensemble complet. »

Un conseil pour la nouvelle génération

Aux jeunes cavaliers, Bost adresse un message clair : regarder au-delà de la seule technique. « Il faut avoir la passion du cheval. Ne pas se concentrer uniquement sur la technique, mais rester ouvert à davantage. Il faut apprendre énormément pour devenir vraiment bon. »

La leçon la plus importante de sa propre carrière ? « La patience. Travailler chaque jour. Parfois on a de la chance, parfois non. Mais chaque jour, on recommence. »

Et dans les jours difficiles, sa motivation vient toujours du même endroit. « Je regarde mes chevaux et je me dis : j’ai de bons chevaux. Alors la motivation revient naturellement. »