La FEI a publié son rapport annuel, révélant une divergence dans les indicateurs de croissance du saut d’obstacles international. À l’échelle mondiale – ainsi que dans des pôles majeurs tels que les Pays-Bas – le nombre de compétitions internationales continue d’augmenter, tandis que le taux de croissance du nombre de cavaliers internationaux demeure stable. Cette tendance laisse entrevoir une intensification du sport à son plus haut niveau, plutôt qu’un élargissement de sa base de pratiquants. Equnews propose une analyse fondée sur les données des implications de cette évolution pour le marché international du saut d’obstacles et les structures qui le soutiennent.
Le dernier rapport annuel de la FEI met en évidence une forte activité commerciale et une expansion continue du calendrier international. Toutefois, une analyse plus approfondie des chiffres révèle une évolution structurelle de la manière dont le saut d'obstacles international est organisé et de la composition de ses acteurs.
1. Chiffres clés : comparaison 2023-2025
| Indicateur | 2023 | 2024 | 2025 | Croissance vs 2024 | Croissance totale (2023-2025) |
|---|---|---|---|---|---|
| Concours FEI de saut d'obstacles | 1.719 | 1.718 | 1.790 | +4,19 % | +4,13 % |
| Cavaliers enregistrés | 24.140 | 24.879 | 24.958 | +0,32 % | +3,39 % |
| Chevaux enregistrés | 51.900 | 52.606 | 53.338 | +1,39 % | +2,77 % |
2. Analyse
Un calendrier en expansion, mais une stagnation du nombre de cavaliers
L'évolution la plus marquante des données 2025 réside dans la hausse du nombre de concours internationaux. Après une période de stabilité entre 2023 et 2024, le calendrier FEI a progressé de 4,19 % pour atteindre un total de 1.790 compétitions en 2025.
Parallèlement, le nombre de cavaliers enregistrés auprès de la FEI n'a augmenté que de 0,32 %, soit seulement 79 nouveaux cavaliers à l'échelle mondiale. Cet écart statistique montre que l'expansion du calendrier repose principalement sur un noyau de participants déjà actifs, plutôt que sur un afflux de nouveaux concurrents internationaux. La fréquence accrue des participations et la concentration des engagements lors des circuits organisés sur plusieurs semaines permettent ainsi d'alimenter ces nouvelles dates au calendrier.
Une concentration croissante de la population équine
Les chiffres montrent que le nombre de chevaux enregistrés (53.338) a progressé de 1,39 % en 2025, soit un rythme supérieur à celui de la croissance du nombre de cavaliers. Cette évolution traduit une concentration accrue des chevaux de sport au sein des structures professionnelles existantes.
Dans les grandes nations équestres comme les Pays-Bas, cette tendance reflète la professionnalisation croissante des écuries de haut niveau, qui doivent disposer d'un effectif plus important de chevaux afin d'assurer une présence régulière sur un calendrier international devenu pratiquement annuel. Si cette demande soutient le marché des chevaux de sport de haut niveau, elle accroît également les besoins en capitaux et pourrait relever le seuil d'accès pour les cavaliers indépendants ou ceux souhaitant franchir le cap vers le niveau FEI.
Accessibilité et renouvellement de la base sportive
L'écart entre la croissance du calendrier et celle du nombre de cavaliers laisse apparaître un fossé grandissant entre le sport national et le circuit international. Les exigences financières et logistiques — notamment les frais d'enregistrement FEI, les obligations réglementaires et la multiplication des tournées commerciales sur plusieurs semaines — orientent de plus en plus le niveau international vers des participants disposant de moyens financiers importants.
Si le passage des fédérations nationales — comme la KNHS aux Pays-Bas — vers les compétitions FEI devient moins fréquent, le renouvellement des talents pourrait progressivement s'affaiblir.
3. Conclusion
Le rapport annuel 2025 de la FEI montre un secteur en pleine expansion sur le plan commercial, tant en nombre de compétitions qu'en volume de chevaux engagés. En revanche, la faible progression du nombre de cavaliers enregistrés indique que cette croissance est avant tout intensive plutôt qu'extensive.
Pour les acteurs des principales nations équestres, ces chiffres suggèrent que la pérennité du sport dépendra moins d'une nouvelle augmentation du calendrier international que de la capacité à préserver l'accessibilité du saut d'obstacles et à garantir un flux continu de nouveaux cavaliers issus de la base sportive vers le plus haut niveau.