Dimanche 11 octobre, à 14 heures, après le traditionnel défilé des nations, le coup d’envoi de la très attendue Coupe des Nations CSIO4\*-W a été donné. Les cavaliers ont dû affronter un parcours technique imaginé par le chef de piste espagnol Santiago Varela.

« Concevoir un parcours de Coupe des Nations n’est jamais simple, car il faut tenir compte du niveau de tous les cavaliers et du fait que l’épreuve se déroule en deux manches », a-t-il expliqué. « Le bien-être des chevaux est également au cœur de mes priorités. Le parcours doit être suffisamment technique pour mettre les cavaliers à l’épreuve, sans pour autant placer les chevaux en difficulté. Finalement, le sport a fait le reste et nous avons assisté aujourd’hui à une très belle compétition. »

Parmi les neuf nations engagées dans la première manche, l’Espagne, avec 16 points de pénalité, n’est pas parvenue à se qualifier pour la seconde manche. Le Brésil, la Suisse, les Pays-Bas, l’Italie, l’Allemagne, la Belgique, le Maroc et la France se sont donc retrouvés pour une deuxième manche où tout restait encore à jouer.

Évoluant devant leur public, les cavaliers marocains ont répondu présents, terminant avec seulement quatre points de pénalité et décrochant leur place dans le barrage pour la victoire, aux côtés de la France, de l’Allemagne et de la Belgique.

Sélectionné par le chef d’équipe marocain Philippe Rozier, Abdelkebir Ouaddar a été le premier à s’élancer sur le parcours décisif du barrage. Devant un public retenant son souffle, le cavalier marocain et Festival d’Argouges ont signé un parcours parfaitement maîtrisé, franchissant la ligne d’arrivée en 33,78 secondes. Les tribunes ont explosé de joie, tandis qu’il établissait un temps de référence redoutable pour les trois nations encore en lice.

La Française Jeanne Sadran et son fidèle partenaire Dexter de Kerglenn ont ensuite pris le départ. Malheureusement pour le public marocain, leur chronomètre fulgurant de 33,24 secondes a mis fin aux espoirs de victoire du Maroc.

L’Allemand Tom Schewe, en selle sur Congress Blue PS, s’est assuré la troisième marche du podium avec un temps de 34,93 secondes. La Belgique, représentée par Mike van Olst et Comme Elle Faut Odth Z, a terminé quatrième après avoir réalisé un temps de 33,95 secondes, assorti de quatre points de pénalité.

Au terme d’une Coupe des Nations particulièrement disputée, la victoire est finalement revenue à la France, pour le plus grand bonheur de l’entraîneur adjoint Olivier Guillon :

« C’était un véritable plaisir. Pour moi, il s’agit d’une équipe quelque peu nouvelle, notamment avec Jeanne et Olivier (Perreau), qui font habituellement partie du groupe d’Édouard (Coupérie, sélectionneur de l’équipe de France). Nous avons passé un merveilleux séjour ici, au Maroc, et c’est aussi l’une des clés de la réussite. Il n’y a pas grand-chose à dire sur l’organisation, si ce n’est que tout est pensé pour les cavaliers et les chevaux, et je pense que nous sommes tous d’accord là-dessus. Cette tournée occupe une place importante dans le calendrier international et fait partie des événements pour lesquels nous recevons le plus de demandes de la part des cavaliers français. »

De son côté, Jeanne Sadran est revenue sur une semaine particulièrement réussie :

« Tous les chevaux ont très bien sauté ce week-end, et c’était aussi une excellente manière pour moi de retrouver mes sensations. J’ai traversé une période assez difficile ces derniers mois, durant laquelle j’avais perdu une partie de ma confiance en moi. Cela fait donc du bien de retrouver mon aisance naturelle à cheval. Dexter est vraiment spécial, c’est un cheval exceptionnel, et il l’a encore prouvé aujourd’hui. Il est dans une forme fantastique et nous avons encore beaucoup de belles choses à accomplir ensemble. Il sera mon cheval de tête pour la prochaine saison de Coupe du monde. »

Du côté marocain, le nouveau sélectionneur Philippe Rozier s’est réjoui de la deuxième place décrochée par son équipe :

« Lorsque j’ai pris mes fonctions à la tête de l’équipe nationale marocaine, notre premier objectif était de remporter une médaille aux Jeux méditerranéens. Nous en avons finalement décroché deux. Le deuxième objectif était de retrouver le podium d’une Coupe des Nations. Ce que je retiens avant tout, c’est la qualité de l’équitation proposée par l’ensemble de l’équipe. Nous avons réalisé quatre très beaux parcours, et des journées comme celle-ci ne peuvent que faire progresser le groupe.

Aujourd’hui, nous montrons un très bel exemple aux jeunes cavaliers qui nous regardent. Lorsqu’on dispose d’un groupe solide qui montre la voie et entraîne les autres dans son sillage, cela fonctionne partout, dans tous les pays.

Kebir avait quelques doutes concernant ma décision de le sélectionner pour le barrage. Il n’était pas certain d’être le cavalier qui méritait le plus d’y retourner, mais, de mon côté, je n’avais absolument aucun doute. »